En ce mois d’avril, les nouvelles sont belles.
En Thaïlande, l’année scolaire se termine. Et avec elle, arrivent les diplômes.

Les diplômes sont d’autant plus beaux quand on connait les histoires qui se cachent derrière.

La plupart de ces étudiants viennent des montagnes, de minorités ethniques. Leurs parents sont travailleurs journaliers : un jour de travail, un peu d’argent ; un jour sans, rien. Dans ces conditions, financer les études de leurs enfants est impossible.

Et pourtant, ils sont là.

Grâce au parrainage, ils peuvent étudier. Mais cela ne suffit pas. Alors ils travaillent. Beaucoup. Serveurs, livreurs, réceptionnistes… parfois jusqu’à 60 heures par semaine. 60 heures. Et en parallèle, ils étudient.

Certains vont en cours la journée et travaillent le soir et la nuit, d’autres sont livreurs dès qu’ils ont un moment, d’autres s’arrêtent un an pour économiser. D’autres encore étudient en ligne. Tous avancent, coûte que coûte.

Tawan, un étudiant que nous accompagnons, résume la situation ainsi :

« Si je ne travaille pas assez, je n’ai pas de quoi payer mes études. Mais si je travaille trop, je ne vais plus assez en cours ou je suis trop fatigué… et si je redouble une année, tout est à refaire ! »

Quand j’ai demandé à l’un d’eux s’il était fier de son parcours, il m’a répondu :
« Je serai fier quand j’aurai terminé. Aujourd’hui, je suis une charge pour ma famille. Je dois aller jusqu’au bout. »

Depuis cette année, des bourses étudiantes viennent compléter le parrainage. Elles changent beaucoup de choses : moins d’heures de travail, plus de temps pour étudier, un peu plus de souffle.

Alors aujourd’hui, chaque diplômé est une victoire.

Le chemin continue — trouver un emploi sans réseau reste un défi — mais quelle force, quelle persévérance… Ces jeunes forcent profondément l’admiration.

Quelques visages derrière ces réussites

Suthida rêve d’ouvrir une homestay tournée vers le tourisme culturel.
Tutu et Alissa deviennent assistantes dentaires.
Nichada, tout juste diplomée en droit, veut devenir avocate — ou procureure.

Blaï, diplômée en agronomie, rêve de travailler pour le Royal Project, un programme qui aide les populations des montagnes à vivre dignement tout en protégeant leur environnement. Mais avant tout, elle rêve d’aider sa famille : soutenir sa petite sœur dans ses études, permettre à sa mère d’ouvrir un magasin de fleurs.

Mimi se lance dans le design graphique.
Wuttichai veut devenir professeur de sport et entraîneur de football.

Derrière chaque diplôme, il y a bien plus qu’une réussite scolaire.
Il y a des sacrifices, du courage… et beaucoup d’espoir.